28 mars 2007

Networking à l'américaine

J'ai du déjà vous parler du "networking" à l'américaine... cette façon qu'ont les businessmen plus ou moins avérés de s'échanger des cartes de visite pour un oui ou pour non... Dans toute soirée qui se respecte, elles fusent de toute part et pour toute raison: vous parlez 10 secondes à quelqu'un, il vous donne sa carte et prend la vôtre et voilà, affaire conclue... Au tout début de mon séjour ici, j'avais trouvé le principe génialissime, croyant naïvement qu'en l'espace de quelques minutes à peine, abracadabra, je m'étais fait un "pote"... Que nenni, le suivi est plutôt rare et les déceptions nombreuses pour ne pas dire systématiques... Cependant, en bonne petite française tentant de s'intégrer pleinement dans la culture américaine, j'obtempère et dégaine, à chaque rendez-vous et dès que possible, ma carte de visite.

Petite parenthèse pour vous dire, que, quand même, avec les français, c'est bien différent... Cocorico. J'ai été conviée par Elisabeth et Hervé, les deux big bosses du bureau, au déjeuner bi-mensuel des Conseillers du Commerce Extérieur de la France. Ces "CCEF" comme on les appelle dans le jargon, sont des entrepreneurs et des hommes d'affaires français qui sont distingués et nommés par le gouvernement avec ce titre, non seulement honorifique, mais qui leur confère un certain certain nombre de responsabilité parmi lesquelles figurent surtout la promotion de l'attractivité économique de la France. Bref, ces CCEF sont organisés en sections réparties aux quatre coins de notre monde et la plus grosse section mondiale, (vi vi vi), se trouve à NYC... Immense privilège donc que de rencontrer ce beau monde, le gratin du gratin des hommes d'affaires français installés sur la Côte Est. Alors, conviée certes pour réaliser le compte-rendu de cette réunion, mais tout de même, j'ai été profondément touchée par cette marque de reconnaissance d'Hervé et Elisabeth. La réunion a été passionnante, avec un tour de table économique durant lequel 6 CCEF sont chargés de dresser un panorama de leur secteur et du climat des affaires, suivi d'une conférence qui, pour cette édition, nous a été donnée par le PDG d'une toute nouvelle compagnie aérienne française, L'Avion. Leur concept est plus que judicieux et si les premiers vols n'ont commencé qu'il y a 3 mois, le succès est déjà retentissant. Partis du double constat que 1/ les compagnies aériennes ne dégagent du résultat net uniquement sur les classes de vol à "haute contribution" c'est-à-dire les classes business et première et que 2/ les compagnies "low cost" contribuent désormais à 70% à l'augmentation du traffic aérien, l'Avion propose donc des vols Paris-NY (Orly-Newark) à un prix défiant toute concurrence (à partir de 1600€TTC) exclusivement Business. Leur Boeing 757 a été équipé de sièges uniquement business et le vol est quotidien. Je vous passe les détails de l'exposé sur leur business plan et leur stratégie mais l'exposé était passionnant.

S'en ai suivi un déjeuner dans un "Un étoile Michelin" au concept assez nouveau: Craft Restaurant. Les plats sont en fait posés sur la table et chacun compose son assiette comme il l'entend. Pas de service donc, les multiples légumes sont disposés dans des ravioles séparées, il en va de même pour la viande ou des tartes / glace / fruits du dessert. Particulier quand la tablée est de 10 personnes et qu'il faut faire circuler les plats. Personnellement, je n'accrédite pas la thèse qui soutend ce concept (à savoir que pour garder le naturel des aliments et leur saveur en tant que tel, il faut les présenter séparément). Le restaurant est autant pour moi un plaisir gustatif qu'un plaisir visuel - celui d'avoir une assiette harmonieuse, innovante devant ses yeux - et la facilité d'un service individualisé. Déjeuner de travail malgré tout agréable qui a été couronnée de surcroit par un networking intense, et je reviens - enfin - à mon premier point.

Réunion des CCEF certes mais également de personnalités diplomatiques françaises, mes deux chefs, notre Ministre Conseiller au Commerce Extérieur venu tout droit de Washington pour l'occasion et que je croise régulièrement (il m'appelle même par mon prénom et m'a raconté ses anecdotes de son passage à HEC dans le taxi qui nous emmenait au restaurant...), bref... Et également, notre Consul Général et son adjointe, avec qui j'ai justement copiné. Je suis repartie, certes avec sa carte de visite (ah, ces USA...) mais surtout, son numéro de portable pour que "je n'hésite surtout pas l'appeller si je souhaite des conseils pour rentrer dans la diplomatie..." Bien sur, j'avais fait mon petit bavardage juste avant et avais posé les jalons qu'il fallait...

De quoi égayer donc mon mardi comme vous pouvez vous en douter. Alors bien sur, ce déjeuner n'a pas arrêté ma boite email et le reste de mes tâches donc bien sur... je suis restée jusqu'à 20h45 au boulot pour rattraper mon retard!


J'allais oublier le dernier détail de cette journée. Depuis le taxi qui nous a conduit à notre lieu de rendez-vous, nous sommes passés devant un énorme ballon gonflé à l'hellium en forme de rat qui devait faire environ 2 mètres de haut et 1 mètre de large. J'ai donc appris que, quand un patron refusait la présence des syndicats au sein de son entreprise et en cas de conflit du travail, les employés disposaient devant leur lieu de travail ce type d'énorme ballon afin de stigmatiser leur employeur... Comme quoi, même aux USA... Après réflexion, je me dis tout de même, qu'heureusement que la pratique n'est pas répandue en France car les troittoirs seraient littéralement envahis par les rats... surtout dans cette période pré-électorale...

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